y comme yacht
La vie dorée d’u jeune déraciné,
S’étale sur une serviette made in Tunis près du port marseillais.
Un bout de Méditerranée avec pour horizon,
Une toile sur laquelle il repeint son pays à sa façon!
Maillot Lacoste au crocodile bouche étonnée,
Contrefaçon perpétuelle d’une vie non réclamée!
La mer est la veine qui le relie à son sang coulant sur sa terre de raison,
Il n’a qu’un coup de pied à donner quand il touche le fond!
Casquette retournée histoire de frimer,
Il se raconte des voyages ianchevés,
regarde au loin les yachts naviguant sans raisons,
Ces immeubles dargent voguant de long en large, exposés comme des pièces de musées, quil qualifie de prisons!
Jet set bronzant sur le pont accrochée à la barre de peur de tomber,
Lui il se marre de voir leurs maillots gonflés aux dollars de peur de les pommer,
Il n’a en souvenirs, que quelques dinars, les odeurs des épices et des citrons,
Quoique ici légèrement couvertes par les senteurs des égouts se jettant sous le pont.
C’est certainement le moins triste des immigrés,
Et c’est peut être pour ça que je vous en ai parlé!

